Cindy Sherman Delights Photography Collectors (en français)

Lorsque Cindy Sherman a terminé ses études, elle était fasciné par les grands maîtres de la peinture et considérait qu'elle ne pourrait jamais les égaler, qu'au contraire elle ne pourrait faire que des tableaux de médiocre qualité. Elle a donc décidé de créer des tableaux vivants dans lesquels les personnages sont mis en scène puis photographiés. Mais l'artiste étant "pudique" et n'osant pas demander à des figurants de se mettre en scène, elle a décidé de tout faire elle-même : se mettre en scène et prendre la photographie. 

On voir d'ailleurs dans ses premiers travaux à ses pieds le fil qui lui permet de déclencher l'appareil à distance. Cindy Sherman a réalisé la série des "films still" qui ont tous été achetés par le MOMA à New York dans lesquels elle se met en scène dans une atmosphère qui évoque les films noir. Lorsque Ronald Reagan a été élu et qu'une certaine forme de censure à vu le jour, Cindy Sherman a décidé de lutter contre cet état de fait en réalisant la série des monstres, une série dérangeante dans laquelle elle ne se met plus en scène mais utilise des poupées ou des mannequins désarticulés qui évoquent la violence, la mort et la sexualité. La série des portraits historiques a été faite à la demande d'un collectionneur. Dans cette série Cindy Sherman s'est mise en scène à la façon des portraits du XVIIème et XVIIIème siècle, revisitant ainsi sous un angle contemporain la peinture classique.

La série des clowns est à la fois drôle et inquiétante. Drôle parce que le clown fait partie de notre enfance et qu'il nous fait toujours rire. Inquiétante parce que les clown de Cindy Sherman ont un côté sombre et effrayant.

Enfin dans sa dernière série Cindy Sherman évoque la vieillesse et la vanité. Cindy Sherman se transforme tour à tour en différentes femmes de la haute société qui se font faire leur portrait à la façon des grands bourgeois des XVIIIème et XIXème siècle.

Ainsi, ce qui est mis en avant dans le travail de Cindy Sherman, c'est plus la performance de sa mise en scène que la photographie, qui n'est que le support qui sert à la matérialiser. Cindy Sherman est avant tout une artiste qui fait de la performance, ce qui ne l'empêche pas d'être classée comme l'une des meilleures artistes photographe et même la meilleure artiste américaine.

English:

Sherman works in series, typically photographing herself in a range of costumes. For example, in her landmark 69 photograph series, the Complete Untitled Film Stills, (1977–1980) Sherman appeared as B-movie, foreign film and film noir style actresses. A series, dated 2003, features her as clowns. Although Sherman does not consider her work feminist, many of her photo-series, like the 1981 "Centerfolds," call attention to the stereotyping of women in films, television and magazines. When talking about one of her centerfold pictures Cindy stated, "In content I wanted a man opening up the magazine suddenly look at it with an expectation of something lascivious and then feel like the violator that they would be. Looking at this woman who is perhaps a victim. I didn't think of them as victims at the time... But I suppose... Obviously I'm trying to make someone feel bad for having a certain expectation."[2]

In response to the NEA funding controversy involving photographers Robert Mapplethorpe and Andres Serrano, Sherman produced the Sex series in 1989. These photographs featured pieced-together medical dummies in flagrante delicto. Like much of Sherman's work, many critics find the series both disturbing and funny.

In her work, Sherman is both revealed and hidden, named and nameless. She explained to the New York Times in 1990, "I feel I'm anonymous in my work. When I look at the pictures, I never see myself; they aren't self-portraits. Sometimes I disappear."